Quelques
semaines plus tôt
Le cerf disparu derrière la colline
de rochers. Maelle me demanda de le prendre en chasse. Une fois de plus, il
s’agissait d’un test. Pour moi, la partie était jouée. L'animal venait de
monter les 100 mètres
de côte en un clin d’œil, je voyais mal comment le rattraper…
" Il est trop tard.
M'exclamais-je.
- Je t’ai déjà dit, tu dois
observer, alors dis-moi ce que tu as vu, ou ce que tu aurais dû voir !
- Ah…. Mince, le sexe, alors, disons
que c’est un jeune, une femelle. "
Tandis que je cherchais les bonnes
réponses nous montâmes le long de la colline dans la direction prise par la
biche.
" Alors, Théo, que faut-il
faire si c’est une femelle ?
- Je ne dois pas l'abattre si elle
est en gestation ou vient d'avoir des petits.
- Quand est ce que les femelles
mettent bas ? M'interrogea Maelle.
- Bien, l'été se termine, et vue son
allure, elle a déjà dû mettre bas. Alors pourquoi la suivre ? Je
croyais qu’il fallait laisser l’espèce assurer son renouvellement.
- Nous allons suivre cette biche qui
nous mènera à sa harde. Nous pourrons alors sélectionner de quoi nous nourrir
parmi les mâles ou femelles âgées..
- Et si jamais un autre prédateur
l’attaque pendant notre traque ?
- Il sera notre. "
Depuis que Maelle avait trouvé ce
livre sur les cerfs, elle concentrait toutes les leçons dessus. Même les
exercices de mathématiques parlaient de cerfs… Et l’exercice de mathématiques
dont je me souvenais le mieux porte la conclusion suivante : l’homme court
moins vite que le cerf ! Ce pourquoi nous nous contentâmes de suivre sa trace
de loin. De toute façon, en bonne mère, cette femelle n’avait sans doute pas du
trop s’écarter de sa progéniture, dans quelques centaines de mètres nous saurions
si il s’agissait d’une mère perdue avec son petit ou bien, d’une harde
conséquente. Il faudrait alors les suivre du regard ou à la trace sans jamais
trop se rapprocher car le cerf pouvait nous sentir et fuir de très loin. Maelle
espérait que la végétation dense et l’absence de vent de ces derniers jours permettraient
d’accommoder les cerfs à notre odeur pour peu à peu abaisser leur niveau de
méfiance à notre égard. Elle avait lu tout un tas de techniques à ce sujet…
Une fois au sommet de la colline de
rochers, nous fîmes une courte pause. J’en profitai pour regarder au loin.
Toutes ces collines de rochers s’enchainaient les unes derrière les autres. Et
dans les vallées, on retrouvait toujours ces mêmes arbres et ce même sable.
Maelle se plaisait à dire qu’un jour un océan avait recouvert cette forêt. Ce
devait être magnifique me disais-je, de voir l'océan... Un jour...
" Par ici ! Dépêches-toi !
"
Je sortis de ma rêverie et rejoignit
Maelle là où elle semblait avoir retrouvé la trace de la biche. Elle n’eut pas
besoin de me montrer, je vis en un instant les mouvements au loin entre les
arbres. Ils étaient là, probablement 10 cerfs et biches et 5 tous petits faons.
Ils semblaient avoir élu domicile au fond de cette petite cuvette entourée de collines
de rochers. L’endroit était idéal pour se cacher, et aussi idéal pour se faire
piéger.
Maelle se tourna vers moi
" Écoute, je ne sais si ils ont
élu domicile ici pour longtemps, mais nous allons les pousser à rester. Nous
allons installer notre camp ici et les protéger. Et s’ils bougent, nous
suivrons. A force de les suivre et de les faire se sentir en sécurité, ils
finiront par bouger de moins en moins, ce sera plus simple pour nous. "
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire